Ma mère à moi, elle s'appelle Marie-Belle.
C'est une véritable calamité.
Elle m'a eu à 18 ans. A cette époque-là, elle sortait avec un de ces gars qui sont comme les collectionneur de voitures : une tous les mois. Ca s'approche, ça s'accroche et ça s'en va. Bref. Il s'est cassé. Elle s'est retrouvé sans rien. Elle a pas eu son diplôme. Je suis né. On s'est débrouillé. 12 fois on a déménagé, chassés par l'huissier. Elle a bossé comme elle pouvait. Elle a donné tout ce qu'elle avait. Moi aussi, j'ai travaillé. Mais elle se faisait virer. Elle me disait : "La prochaine fois, la prochaine fois ça va marcher". Et puis on déménageait.
Et en voiture Simone.
Ma seule ambition, dans la vie, c'était de lui trouver une vie parfaite. Une ville parfaite, un patron parfait, un mec parfait.
Elle m'a gâché la vie.
Mais je l'aimais. Bien sûr que je l'aimais.